28 septembre 2007

Pascal Sevran : le roi est nu

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C’est en errant sans but au rayon librairie du Virgin que mon œil a été attiré par un nom connu sur une couverture : « une enquête de Laurent Balandras » intitulée « Pascal Sevran »…

Laurent Balandras est comme on dit à Villefranche-sur-Saône un caladois monté à la capitale. J’étais tout gamin lorsque celui-ci a laissé de mémorables traces dans le monde calado-culturel à travers une activité florissante investissant aussi bien la radio locale, les spectacles amateurs où les groupes du coin comme par exemple celui de mon frère, les Bouzou Things - au passage je ne comprend toujours pas d’ailleurs pourquoi David n’a pas encore créé un site révélant au monde l’œuvre de ce groupe sous-estimé à son époque.

Bref, tout cela pour dire qu’à part deux ou trois fois à la télé, je n’avais pas revu Laurent Balandras et, en ne voyant que la moitié supérieure de son bouquin, je me disais qu’il avait bien changé parce que c’était pas du genre à écrire une biographie de Pascal Sevran.

C’est en saisissant le livre que j’ai pu, avec soulagement, prendre connaissance du titre complet : « Pascal Sevran, le maître chanteur – L’homme à qui la chanson ne doit rien ». Ouf. Il s’agit bel et bien d’un livre contre le Thénardier des dancings. Plus que contre, en fait c’est un brûlot, un pamphlet, qui démystifie clairement et implacablement cet homme qui réussit à s’accaparer dans la conscience de ses téléspectateurs le monopole de la défense de la chanson française et apparaît aujourd’hui comme une encyclopédie vivante de ce genre, un parolier prolifique et un écrivain respecté.


Laurent, avec ce bouquin, et se basant sur des faits précis, des écrits autobiographiques du premier concerné, des visionnages d’archives et des recherches complètes, nous démontre la supercherie que représente la carrière de cet homme, des chansons écrites ou plutot co-écrites aux artistes sois-disant découverts en passant par les nauséabondes sorties médiatiques trouvant écho dans la littérature à double tranchant de Pascal Sevran, Jean-Claude Jouhaud de son vrai nom.

Au début de la lecture, le style parait vraiment à charge et on se dit quand même que tout cela manque d’objectivité… Mais finalement on comprend bien que même l’auteur a été surpris de ne rien trouver de récupérable dans tout ce que Pascal Sevran a fait ou même prétendu faire.

Ce livre bien évidement ne traite pas d’un sujet capital me direz-vous, mais il reste tout à fait intéressant, se boit comme du petit lait et nous apprend beaucoup de choses en plus du simple ressenti que l’on éprouve à la vue de Pascal Sevran, et sur lequel on est content d’avoir mis des mots sur ce qu’on lui reproche réellement.

Et puis, quel bonheur de voir décrire sur plusieurs pages les prime-time de la deuxième moitié des années 90 accordés par le service public à Sevran pour qu’il puisse vendre ses Tati-boys-bands dont je pensais être le seul à me rappeler du haut des mes hecto tonnes d’archives VHS conservés depuis ma periode d’enregistrement psychopathologique systématique de toutes les daubes possibles et imaginables… Et dire que Gwen voulait que je les jette au déménagement…. Je vais pouvoir me refaire un petit coup de « Elle danse techno » par La Preuve par 4 ! Certains lecteurs de ce blog étaient également friands de ce type de prestations tout à fait dignes du service public et de la défense des "vrais artistes" !

Point de Preuve par 4 ni de Décibelles sur Dailymotion, par contre, une merveilleuse prestation de Pascal dans sa propre émission qui résume énormément de griefs évoqués dans le bouquin Pascal Sevran, le maître chanteur – L’homme à qui la chanson ne doit rien, par L.Balandras, édité chez Tournon.

En regardant cet extrait, pensez bien à ce qu’avait écrit P.Sevran en 1981 sur son rapport rendu à J.Lang :

« Le public ressent, à juste titre, l’utilisation du play-back comme une escroquerie ».


J'insiste sur le fait que cet extrait vidéo ne fait son effet que si on le regarde attentivement jusqu'au bout pour se délecter de tous les détails de la gestuelle. Ridicule, pathétique, l'un n'empêche pas l'autre.

Si Laurent s'est tapé des kilomètres de bandes de cet accabit pour écrire son bouquin, on comprend aisément le ton par moments agressif !


UPDATE !

Inespéré ! je viens de trouver sur YouTube une prestation des Accordance Boys, l'improbable boys band d'accordéonistes !
Les garçons qui entourent P.Sevran au début de la vidéo ne sont ni plus ni moins que les 4 chanteurs-figurants de La Preuve par 4 !!!


Quelques liens en rapport avec tout ce bazar :

- un article mieux ecrit que celui-ci dans le blog de B.Dicale

- la page mySpace de Laurent

- tous les bouquins de Laurent


6 commentaires:

maman a dit…

FORMIDABLE!!!!!!!!!

filip engagé a dit…

Je soutiens à 200 % cette entreprise de démystification salvatrice ! A quand une pétition ?

gette a dit…

Mais surtout, à quand un passage de la vidéo au numérique pour visionner les auréoles sous les bras de la preuve par 4?!
Bravo cow-boy!!!!!!

David a dit…

Je ne fais pas connaître au monde Bouzou Things tout simplement parce que c'est vraiment nul.
C'est rigolo à réécouter pour nous de loin en loin.

Ceci dit, il faudra que tu me le prêtes, ce bouquin.

Tonton Gil a dit…

Si on peut le piquer, je veux bien faire des études de véto. Merci Laurent

kickass a dit…

bonjour,
est ce ce serait possible de récupérer un des clips de LA PREUVE PAR 4
Je n'en trouve nul part et il s'avère que l'un de mes collègues est un ancien membre du groupe et je voudrais lui faire une blague
merci d'avance
kickass75000@gmail.com