11 mars 2008

Hommage


Quand après une création il s'agit de retrouver une vie normale, le passage par la case 13h de Pernaut est indispensable. Comme vous le savez, le 13h de TF1 est un de mes principaux séquelles de fascination/répulsion.
Et bien aujourd'hui je suis bien tombé.
cela fait 30 ans jour pour jour que Claude François a entrepris de bricoler dans sa salle de bain et cela méritait bien un chapelet de reportages sans intérêt durant les 25 dernières minutes de l'édition qui en compte en tout une grosse trentaine.
Les fans vieillissantes, les pèlerinages au moulin, la tombe avec les tonnes de fleurs, le business, les sosies chorégraphiques...
Tout celà m'a rappelé une vieille chronique de Guy Carlier, et du coup je me dis que le plus simple pour honorer ensemble la mémoire de Cloclo est de retranscrire ces quelques paragraphes issus d'un de mes livres de chevet :

G.Carlier, Avril 98 :

Dans l’émission de Mireille Dumas consacrée aux fans de Cloclo dans le village ou l’idole est entérée, on a entendu un habitant du lieu affirmer, je cite « oh ! ici, à Dannemois, y avait 500 habitants, mais depuis que Claude François est mort, la population a au moins été doublée par dix… »

On a appris également lors de cette émission que Claude François était un malade des notes de service, puisqu’il en dictait non seulement à ses collaborateurs, mais également à sa famille… Par exemple : « note de service à ma mère, je vous informe que dimanche prochain nous serons 12 à déjeuner, merci de prévoir l’intendance en conséquence… » Son ancienne secrétaire a même lu une note de service destinée au jardinier de son moulin de Dannemois. Note au jardinier : « j’ai constaté que le trou dans la pelouse fait dimanche dernier par Michel Sardou en jouant au golf n’est toujours pas rebouché. Merci de faire au mieux, et quand je dis au mieux, c’est immédiatement… »

Une autre note de service, toujours aussi authentique, de Claude François à Guy Floriant, son ex-directeur artistique, dont voici le suc : « C’est la dernière fois de ma vie que je te demande de me donner les cassettes rembobinées à leur début. La prochaine fois que tu me donneras une cassette non rembobinée, je prendrai une sanction terrible… Cette sanction là te paraîtra énorme, car ce n’est pas la faute de ce jour là que je sanctionnerai, mais l’accumulation de toutes les fautes précédentes, de toutes ces fois où tu m’as donné des cassettes non rembobines… Donc rappelle-toi bien : ne me donne plus jamais une cassette non rembobinée, c’est la dernière fois de ma vie que je te le dis… »

C’est terrifiant, non ?

Moi, je trouve que ces notes de service, ça donne, si je puis m’exprimer ainsi, « un nouvel éclairage » sur sa mort, car on l’imagine dans sa baignoire, excédé par l’applique électrique de travers : « Oh : putain, à l’électricien, je vais lui coller une de ces notes de service… Monsieur l’électricien, c’est la dernière fois de ma vie que je vous demande de redresser cette applique… » Et du coup, c’est la dernière fois de sa vie qu’il a fait une note de service.

Comme disait Confucius : « Quand on est con, on meurt comme un con… »


G.Carlier, 10 ans de télé ! - Ed. Hors Collection.

3 commentaires:

papalatinophile a dit…

Sic transit gloria...

Tramb a dit…

... dans le même sujet, une pub sur TF1 relevé dans le courrier de télérama: "Claude François ! Claude François ! Trente ans après, l'énergie est intacte! " quel Humour...

Jul a dit…

Oh la la c'est toi bertrand ?!